ARTONNE, Vendredi 15 Novembre 2019, 7 °C, Nuageux
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Le Patrimoine bâti de la commune d'Artonne

L’église collégiale Saint-Martin d’Artonne a certainement plus de 1000 ans d’existence. Une des plus anciennes et des plus vastes églises romanes d’Auvergne, classée monument historique en 1886. Elle fut élevée aux XIème et XIIème siècles sur des vestiges plus anciens. Elle devient collégiale en 1048. Bien que remaniée, son plan reste similaire aux églises romanes dîtes majeures.

L'église actuelle présente trois nefs, un chevet à déambulatoire et des chapelles rayonnantes. Elle mesure près de 50 m de longueur.

Le chœur à déambulatoire est du type même des églises de pèlerinage. Tout le pourtour du chœur est encadré d'un banc-bahut qui fait corps avec le mur sur lequel reposent les colonnes engagées.

Les colonnes formant l'hémicycle du rond-point reposent sur une base polygonale. Elles présentent un chapiteau massif suivi d'un arc surhaussé. Au-dessus, se déploie une moulure sur laquelle reposent des fenêtres hautes possédant des colonnettes à chaque angle.

La nef est composée de quatre travées. La voûte de plein cintre de la grande nef est posée sur des doubleaux en arcs brisés non romans. Les piliers, très archaïques, sont rectangulaires et trapus, sans colonne engagée ni chapiteau.

Le bas-côté droit est voûté avec des demi-berceaux. On remarque une déclivité à droite des reprises d'où la nécessité des deux arcs boutants du XVème siècle situés à l'extérieur. Le bas-côté gauche est la partie la plus ancienne de l'église (époque carolingienne).

Les piles de la croisée du transept sont énormes et de formes très irrégulières avec des arcs renforcés pour soutenir le clocher qui s'élevait à cet endroit avant la Révolution.

Ouvrant sur le bas-côté nord, l'ancienne salle capitulaire est le seul vestige de l'ancien monastère. Elle est divisée en trois petites nefs par deux alignements de colonnes. Cette salle est surmontée d'une immense pièce ouverte par deux baies à arcatures géminées.

Le clocher qui se trouvait à la croisée du transept fût démoli à la Révolution. Un clocher de style gothique fût élevé en 1896 surmonté d'une croix et d'un coq. Dans les années 1960, cette flèche fût abattue pour être remplacée par le clocher actuel de style roman.

Jusqu’à la révolution Artonne était ceinturée par deux enceintes fortifiées dont on ne retrouve que des éléments de murs et quelques tours.

L'enceinte primitive (XIIIème-XIVème siècle?) renfermait le quartier de l'église St Martin.

La tour rue de l'Antique Tour est issue de ce rempart et faisait probablement parties des immeubles du chapitre d'Artonne qui fut définitivement dissout à la Révolution.

Une seconde enceinte vient renforcer le premier rempart (probablement au XIVème ou XVème siècle) accroissant ainsi la surface de la ville. Plusieurs vestiges des fortifications restent encore visibles.

  • La porte orientale se trouve Faubourg Saint Jean. Equipée d'une herse et d'une porte barrée, elle protégeait l'entrée Est de la ville d'Artonne. Cette construction avançait en dehors des remparts sur le fossé. Aujourd'hui, il ne subsiste que le passage de la herse, le guichet de l'octroi et le montant de la porte.
  • La porte occidentale se trouve Grande Rue. Elle est matérialisée par une grosse tour ronde sur le côté de laquelle se trouve le passage de la herse.
  • La tour boulevard des Ussels se trouve sur le côté Nord de la ville d'Artonne. Elle marque un point de courbure du rempart.
  • La porte rue Saint-Esprit qui est en très mauvais état, se trouve dans l'alignement de la porte orientale

Pays de vignoble, la commune possède encore de nombreux « cabinets » ou « tonnes » de vignes et de nombreuses maisons vigneronnes ayant gardé leur caractère originel.

Les cabanes de vigne, sont de petits édifices datant des XIXème et XXème siècle.

Ils étaient implantés au milieu des vignes, des vergers et jardins éloignés de l’exploitation principale.

Le territoire communal compte encore 25 tonnes, essentiellement visibles dans les secteurs d’anciennes terrasses (sud et est).

La maison vigneronne est une construction caractéristique de la Limagne.

Elle ne présente pas un type unique et figé. Chaque commune à sa propre interprétation et adaptait le modèle en usage dans son terroir.

Son originalité se manifeste principalement par une adaptation aux besoins spécifiques de son occupant :

  • une cave et un cuvage occupent le rez-de-chaussée et le sous-sol.
  • les étages (un ou deux en général) abritent le logement.
  • de petits réduits sous l'escalier servent de soue, de poulailler, ou de clapier.

Ce type de logis se caractérise par un volume compact, une toiture à deux pans en tuile canal.

On accède au logement par un escalier extérieur appelé estre. Certaines maisons vigneronnes possèdent un avant-toit protégeant l'estre.

La rampe est maçonnée et s'articule comme un élément massif qui poursuit la façade sur l'extérieur. Plusieurs types d'articulations de l'escalier par rapport à la façade ont été repérés sur la commune.

L’eau est une grande richesse d’Artonne, en témoigne le grand nombre de fontaines et lavoirs sur l’ensemble de la commune :

  • 14 captages de sources,
  • 10 collecteurs,
  • regards ou répartiteurs,
  • 19 fontaines dont 3 disparues,
  • 8 lavoirs dont 4 disparus,
  • un abreuvoir et 3 pédiluves,

ce qui totalisait 55 points d’eau privés ou publics.

Les premiers ouvrages ont été construits en 1801, ce premier réseau fut complété par une deuxième adduction en 1856.

Enfin au tout début du XXème siècle un nouveau collecteur regroupant une arrivée de source et le trop plein de fontaines du dessus est mis en place pour alimenter d’autres fontaines et des lavoirs en périphérie de bourg. Les villages de Bicon et Glénat ont également conservé leurs fontaines et lavoirs.

De nos jours, dans le bourg d’Artonne, le réseau des fontaines est toujours en service

La Christianisation du territoire a laissé de nombreuses traces dans la toponymie.

Les croix sont relativement récentes. Les croix antérieures n’ont laissé que quelques fragments datés, souvent remployés. On décompte 23 croix sur le territoire de la commune dont 6 dans le bourg.

Elles ont toutes été relevées ou manufacturées à partir du XIXe siècle.

A la révolution, toutes les croix de la paroisse ont été abattues lors de la déchristianisation.

Lorsque l'on trouve une date inscrite sur une base, antérieure à 1793, cela indique que les morceaux de cette croix furent sauvés et cachés pendant cette période de troubles. Seules quatre croix disposent de cette caractéristique, la croix Rouge "1662", la croix de la mission "1665", la croix du faubourg Saint-Jean "1686" et la croix de la Presbytère "1703".

On compte cinq statues de plein air sur la commune. Deux se trouvent dans des propriétés privées et les trois autres se trouvent placées dans des niches dans le village d'Artonne.

L'association Initiatives et Idées a publié l'inventaire complet des croix de le commune d'Artonne dans la Revue Limagne Nord N°4.


Les pigeonniers peuvent être classés en quatre catégories, les pigeonniers de moulin, d'enclos, de ferme et de fiefs.

Les pigeonniers de moulin étaient liés à l'activité meunière, les pigeons mangeaient les résidus de cette activité.

Les pigeonniers d'enclos étaient à l'extérieur des villages et à l'intérieur d'une parcelle de vigne close d'un mur, la fiante des pigeons était directement sur place et le rez-de-chaussée servait de cabane de vigne.

Les pigeonniers de ferme faisaient partie des bâtiments agricoles de l'exploitation.

Les pigeonniers de fiefs étaient dans la ferme du château et les pigeons étaient pour le Maître.

L'inventaire des pigeonniers de la commune se trouve dans la revue Limagne Nord N°6, intitulée "La vigne à Artonne".

La commune compte un grand nombre de maisons de maîtres, maisons bourgeoises, manoirs correspondants pour certains aux anciens fiefs de la paroisse.

Chaque hameau de la commune a sa belle demeure.

Dans le bourg on en dénombre une  dizaine, dont une est classée monument historique avec son jardin à la française.

 

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